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Interview de Mémona Hintermann par les élèves de 3°E

vendredi 13 décembre 2013, par webjuro

Les 3E ont eu l’occasion d’interviewer Mémona Hintermann le 2 décembre 2013 au CDI. Elle a été vingt-cinq ans journaliste spécialisée dans la politique étrangère pour France 3, a publié une autobiographie intitulée Tête haute qui a connu un grand succès et travaille actuellement au CSA.

Emilie : Pourquoi avez-vous souhaité écrire cette autobiographie ?

Mémona Hintermann : Après les émeutes de 2005, j’ai pensé que c’était le moment pour une fille d’immigrée, comme moi, de dire merci à la France, de montrer que je ne m’associais pas à ces casseurs, à ceux qui ne respectent pas les autres. J’ai voulu montrer qu’on peut se comporter correctement malgré la misère, une misère que j’ai connu. Je voulais dire ce à quoi je crois, expliquer qu’il faut se comporter correctement dans le pays qui nous accueille.

Marwane : Quels sentiments éprouvez-vous aujourd’hui pour votre père ?

M H : Mon père est mort en 1977. Je lui en voulais beaucoup de ne pas s’être occupé correctement de nous. Mais la mort est perçue comme une porte à La Réunion, d’où je viens. Du coup, les reproches s’effacent. Malgré tout, mon père, qui était musulman alors que ma mère était catholique, m’a permis d’aborder différents aspects des croyances.

Youssef : Pourquoi avez-vous choisi le christianisme ?

M H : ça me plaisait. Ce n’est pas la meilleure religion, mais c’est la mienne.A la mosquée, je ne comprenais rien. Ce n’était pas ma langue.

A Bethléem, la ville aux trois religions, les gens font ce qu’ils veulent. Le principal c’est de ne pas imposer sa religion aux autres.

Najima : Êtes-vous toujours journaliste ?

M H : Non. Pour cinq ans je travaille pour le CSA. Je ne peux donc pas être également journaliste.

Karim : Avez-vous déjà risqué votre vie à cause de votre profession ?

M H : Oui. Je peux clairement dire que oui. J’ai travaillé dans des pays où ça canardait. Je n’ai jamais joué au héros, j’aime trop la vie pour ça. Mais il est important de raconter ce qui se passe, et on est obligé de prendre des risques. J’ai eu beaucoup de chance. Dans les moments difficiles, j’ai prié et, moi, ça m’a aidée.

J’ai un collègue qui a été tué l’an dernier en Syrie.

Kenza : En quoi consiste votre poste au CSA ?

M H : C’est un poste très élevé, très recherché avec beaucoup d’avantages. Je dois vérifier que les différentes chaînes de télévision respectent leurs obligations. Notamment, je dois veiller à ce qu’il n’y ait pas de propos racistes et attribuer des sanctions dans le cas contraire.

Je veux être utile, agir, notamment pour la diversité. Je travaille aussi sur l’éducation aux médias.

Lavia : Pensez-vous que la France devrait faire comme les Pays Bas en matière d’immigration, qui font visionner un film aux candidats à l’immigration afin qu’ils connaissent mieux le pays dans lequel ils veulent vivre ?

M H : La France ne peut pas accueillir tout le monde. On doit connaître et respecter les lois du pays où l’on vit. Il faudrait aussi que la corruption s’arrête dans les pays d’origine.

Mohamed : Pensez-vous que le Front National puisse un jour accéder au pouvoir ?

M H : On ne sait pas comment vont voter les gens. L’important, c’est d’aller voter. On peut s’inscrire sur les listes électorales jusqu’au 31 décembre. Au lieu de se faire peur, il faut aller s’inscrire et voter. Comme dit un proverbe réunionnais : « Celui qui ne tente pas sa chance meurt ».

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